Un blog Travellerspoint

"C'est pas un trek à couper du beurre avec du gruyère"

droit d'auteur : Thomas :)

17 jours de marche, d’innombrables kilomètres, des souvenirs plein la tête, des paysages à couper le souffle et des anecdotes farfelues, bon PAR OÙ JE COMMENCE :)

Pour faire la randonnée au camp de base de l’Everest, vous avez 2 choix. 1ère option : prends un autobus pendant 10 heures, marche 6 jours et tu es au début du sentier. 2e option : prends un p’tit avion et 40 minutes plus tard, tu es au début du sentier. Parfois, il faut choisir la simplicité :)

Alors naïve, je vais à l’aéroport où là, je vois une meute de monde !?!?! On m’annonce que ça fait 3 jours que les avions ne décollent pas à cause du mauvais temps. Oupsiiiii ! Finalement, hasard des circonstances, je réussis à embarquer dans le 1er vol et chanceuse, j’ai appris plus tard que ça été le SEUL VOL DE LA JOURNÉE. Bon, là vous vous dîtes CHAN-CEUSE … et là, je vous invite à relire « pourquoi il n’y avait pas eu de vol les jours précédents!! ». Aie, on est dans un p’tit avion de max 20 personnes, qui se fait brasser tout bord tout côté, les turbulences nous donnent l’impression que l’avion ne résistera pas, et je vous rappelle qu’on survole l’HIMALAYA!!! YETI AIRLINES vous remercie de nous avoir choisis ! Pas besoin de dire que certains passagers ont été malades … moi, j’avais juste le p’tit sac prêt à toute éventualité :) héhéhé ! Jour 1 :) Ça commence fort :)

Tout s’est bien passé les premiers jours, la marche, le rythme, l’acclimatation. Le jour 4 par contre, je me suis levée avec un léger mal de tête et comme j’avais mal dormi durant la nuit, j’ai décidé d’accorder une nuit d’acclimatation à mon corps à 3800m. Il n’y a pas de coïncidence, rappelez-vous :) Le lendemain, j’ai rencontré 4 Français : Vincent et Thomas (frères), Lionel et Guillaume (que l’on a vite surnommé Guigui). Jamais j’aurai pu me douté le fun que j’aurai avec ces gars-là !!! On avait le même projet de rando (Gokyo, Everest Base Camp, Chhukhung Ri) et surtout, le même rire facile. Tous les jours, après notre rando, on jouait une p’tite game de trou de cul et tous les jours, je les RAMASSAIS !! C’est même pas les mêmes règles que chez nous et pourtant, je m’y suis adaptée en 1 seule partie et voilà, mon règne était établi ;) À un moment donné, ils ont inventé une nouvelle règle : un quadruple est aussi fort qu’un joker et ça renverse toute la game, les cartes faibles deviennent les plus fortes et inversement. Ils ont appelé ça LA RÉVOLUTION FRANÇAISE mouhahahahahahahaha !!! Eh bien, malgré toutes leurs révolutions et leurs affiliations, j’ai conservé game après game mon trône :) hahahaha « putain, non mais elle est pénible la québécoise !» disaient-ils :)

Le matin de l’ascension de notre premier sommet (Gokyo, 5360m), on se lève et c’est un blizzard dehors !! C’est pas des farces, on ne voit même pas à travers les fenêtres, tout est blanc. Pas besoin de vous dire qu’on est resté au refuge. Vers les 14hrs, on avait peut-être une visibilité de 5 m et on décidé de s’habiller et de monter en altitude un peu, question d’aider notre acclimatation. Jamais on aurait pu se douter du BEAU soleil et de la BELLE journée qui nous attendait le lendemain. Littéralement, on montait au sommet avec un chandail à manche longue et c’est tout. C’était splendide !!! Allez voir les photos !!!

Ensuite, on s’est dirigé vers un col (5368m). Ça c’était la partie qui nous inquiétait le plus car on passait la grande majorité de la journée à plus de 5000m avec nos sacs à dos de 20 kg (dans mon cas) et plus. Si le mauvais temps nous prenait par surprise, on était cuit car le sentier n’est pas tracé !!! Aussi, contrairement à partout ailleurs sur les sentiers, il n’y a pas de point d’eau ni de « teahouse » pour s’arrêter pour grignoter quelque chose. Du coup, il fallait prévoir de l’eau pour nos 7-8 heures de marche et de la bouffe en quantité suffisante. Mais en altitude, on boit beaucoup plus. Idéalement, on aurait dû avoir tous … 5-6 litres d’eau, mais personne n’avait autant de gourdes et il ne faut pas oublier, il faut transporter ces 5-6 kg de plus tout en étant à 5000m. On a franchi le col, c’était fabuleux, difficile, et ô combien une LON-GUE journée, mais on y est arrivé. On était tous dans un état lamentable par contre à la fin. Déshydratés, épuisés, affamés et j’en passe. Définitivement notre journée la plus difficile.

Ensuite, on s’est dirigé vers Gorak Shep (5100m), là où c’est le point de départ pour deux attractions connues soient le « kala patthar » (qui donne une vue sur l’Everest) et le camp de base de l’Everest. Encore une fois, des journées fabuleuses, des vues imprenables à ces deux attractions !!!

Ensuite, on s’est dirigé vers Chhukhung, notre dernier sommet (5550m). Pendant la nuit, on a entendu un de ces VACARMES épouvantables. On aurait cru qu’une avalanche allait nous emporter !!! Chhukhung est aussi le dernier refuge avant 2 sommets importants : Island peak (6183m) et Makalu(8463m). Comme l’ascension d’un sommet s’effectue durant la nuit, nous avons appris le lendemain matin que plusieurs alpinistes sont morts durant la nuit suite à la tempête. Après la pluie, le beau temps, le lendemain, Guigui et moi sommes dirigés vers le sommet Chhunkhung. Les autres rigolos n’y étaient pas car ils devaient poursuivre leur route (ils ne pouvaient pas attendre une journée de plus). Par contre, comme il avait neigé d’aplomb, on ne voyait plus le sentier. Guigui et moi avons ouverts une nouvelle voie sur la face NORD de la montagne ! 2 twitts en cavale. C’est là où on réalise qu’être acclimaté fait toute une différence!!! On est arrivé au sommet complètement à l’opposé du sentier ! On pouvait pas être plus dans le champ :)

Et voilà pour mon récit de mes 17 jours. J’aurai tant à raconter, mais … c’est déjà une longue histoire :) Maintenant, faisons place aux éléments disparates !

La vie en montagne au Népal

1. Bon d’abord, le soleil se lève vers les 5h45 et nous, vers les 6hrs. On débute notre randonnée vers les 6hrs30-6h45, très rarement 7hrs. Il est important de débuter tôt car les nuages arrivent à l’horizon vers les 9h-9h30 et envahissent la vallée vers les midis. On arrive généralement à destination vers les 13-14h selon le cas et on soupe vers les 18h30. À 20h, on est dans notre sleeping, prêt à dormir !

2. Bon pourquoi on se couche aussi tôt … parlons des vraies affaires ! Ici, il y a des yaks (bovidés très poilus qui vivent qu’au-dessus de 4000m), et les népalais utilisent leurs bouses séchées comme combustible pour le four dans la salle à manger. Évidemment, tout est limité en altitude. Du coup, ils font un feu à 15h et un DERNIER à 18h. Ça prend généralement 45 minutes pour que ça chauffe et ça irradie pendant 1 heure. Après, on gèle. Du coup, vers les 19h30-20h … ya pas de chauffage !!! C’est pour ça qu’on va dans nos sleepings !

3. Maintenant, rappelez-vous des deux journées de tempête … Alors, comme d’habitude, on se lève vers les 6h du matin et on attend que la journée passe. Une chance, j’ai un livre, et on a des cartes. Mais je vous rappelle, pas de chauffage avant 15h! Du coup, on est assis dans la salle à manger avec notre polar, la doudoune, les gants et on se regarde en se disant « on s’commande un autre thé? ».

4. Maintenant, les refuges. C’est comme une cabane de bois où les murs sont aussi minces qu’une feuille de papier. Généralement, il faisait près de -10 dans nos chambres, et ça, c’est à 6h30 du matin (une heure après le lever du soleil) ! Les lits, c’est des tables de bois où ils mettent des matelas très minces. Il y a un gros 60 cm entre les 2 lits simples et les lits touchent les murs. Comme je vous l’ai dit, les murs sont minces. Alors, quand le gars dans la chambre voisine se tourne dans son sleeping, ben je le sens dans mon lit. S’il pète, ronfle ou il se lève pendant la nuit, c’est comme si j’y étais avec lui :)

5. L’une des réactions du corps à l’altitude est la production d’urine. Généralement, on se lève 1 à 4 fois par nuit pour aller uriner. Maintenant, aller relire le point précédent. Il doit faire -15, sinon -20 dans la chambre pendant la nuit, et oui, tu te lèves, mets des bottes gelées, attrapes ton manteau, lances quelques jurons, et vas aux toilettes.

6. Les toilettes maintenant. Ma partie préférée :) Pour une raison que j’ignore, elles sont parfois situées complètement à l’extérieur de la bâtisse (genre à 20m) ou encore, c’est la partie du refuge où ils ont coupé sur les coûts et les murs sont encore plus minces. Il fait VRAIMENT froid dans les toilettes. Il y a un trou dans le plancher et pas loin, un baril d’eau gelée. Tu fais tes besoins et après tu casses la glace superficielle du baril d’eau pour attraper le seau et le remplir d’eau. Tu lances cette belle eau dans le trou et le tour est joué. Mais comme, tu t’es levé en plein milieu de la nuit et qu’il fait froid, les gens ont plus de difficulté à VISER (excrétions ou eau) :) Du coup, c’est une vraie patinoire. Essayez d’imaginer : tu baisses tes pantalons et oupsiiiii ta jambe droite part à la dérive alors que ton corps s’était déjà affairé à autre chose :) héhéhéhé

7. La douche. Un autre de mes sujets préférés. Oui, j’ai pas pris de douche pendant 17 jours. Oui, les gars aussi. Ça fait partie du trip. Maintenant, pourquoi ? La douche, c’est la bâtisse qui a l’air de la remise. Ce sont 4 murs métalliques (matériau idéal dans ce climat!) et il y a un gros seau qui est relié à une canalisation d’où un filet d’eau s’écoule. Si tu veux une douche, elle te coûte 10-15$ pour 4-5 litres à peu près. Ils vont remplir le seau d’eau chaude et voilà, tu te laves. Mais comme c’est dehors et il fait -15 voir -20 et que c’est une cabane métallique, as-tu vraiment le goût de te mettre TOUT NU !?! Personnellement, je suis plutôt douillette. J’ai plutôt opté pour les lingettes pour bébé pour mon corps et ben de la patience pour mes cheveux :)

Bilan de santé !

1- À partir de 4500m, il y a de la neige (du moins, en ce temps-ci de l’année). Ça ne m’a pris qu’une seule journée pour comprendre qu’il faut mettre de la crème solaire SUR L’INTÉRIEUR DES NARINES. Aie … en une journée, c’était brûlé ! aie aie aie !!!

2- Même si j’ai mis du baume sur mes lèvres, bon pas tout à fait comme une frénétique, mais quand même … en 2 jours d’exposition, j’avais pu de lèvre inférieure. C’était épouvantable. Gercée, meurtrie par le vent et le froid, brûlée à 3-4 endroits par le soleil, on aurait cru que j’avais passé 6 mois sur l’Everest !! Épouvantable ! Je me levais le matin avec une lèvre boursoufflée. Quand je buvais mon thé, juste approcher la tasse près de ma lèvre, ça me faisait déjà mal. AHhhhhhhh !!! Une chance, une Française m’a donné une pommade miracle qui m’a beaucoup aidée.

3- 3 jours avant mon retour à Kathmandu, je marche sur le sentier avec Guigui. Il est derrière moi, à 5-10 m. Le sentier parcourt le village et il est plutôt étroit. Il est bordé de 2 murailles de pierres, hautes de 1,5 m environ. J’entends des cloches et je pense que ce sont les clochettes de nos chers yaks qui s’en viennent. Or, le son est plus rapide que d’habitude et là … je réalise « oups, ça court des yaks ?!?! ». Je me retourne pas et je me colle le corps sur la muraille à gauche. C’était pas un yak mais un cheval au galop. Il a accroché le sac de Guigui et moi, il m’a pas manqué. Il m’a rentré dedans ! J’ai revolé sur sur la muraille de pierres !!! Un bâton de marche brisé, et 2 “blessures” à ma jambe gauche. Je pense que je suis rentrée dans 2 pierres pointues, une au niveau de mon genou et l’autre au niveau de la hanche. Non mais tsé, là où il faut pas. Mais mais, c’était juste 3 cm au-dessus du genou et juste, 5 cm sous la hanche et du coup, c’est mon quadriceps qui a tout encaissé. J’ai 2 ecchymoses de la taille d’une balle de baseball sur la jambe, mais tout va bien. Au début, j’avais de la misère à bouger ma jambe, mais quelques 20 minutes après l’accident, j’ai repris mon sac à dos. TRÈS Lentement, on a repris la route (il nous restait 4 heures de marche à faire!). Je voulais surtout pas que ça s’ankylose !!! Résultat, le lendemain, j’avais presque plus mal. Vous auriez dû voir la face de Guigui lorsqu’il m’a demandé après 15-20 minutes de marche « comment va ta jambe aujourd’hui Karine ? » et moi de lui répondre « Je viens te chanter la ballade, la ballade des GENS HEUREUX » héhéhéhé !

Bon là c’est vrai, c’est la fin !
Ouf, j’espère que vous avez fini de boire votre café :)

Bisous !

Posté par KarineR 05:15 Archivé dans Népal

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